Dévorer le ciel – Paolo Giordano


Titre original : Divorare il cielo
Traduction (italien) : Nathalie Bauer
Editions du Seuil, 2019, 464 pages

Livre lu dans le cadre du Prix Elle 2020.

La première phrase :

Je les vis se baigner dans la piscine, de nuit.


La quatrième de couverture :

Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles.
Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs.
Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.


L’opinion de Miss Léo :


J’ai lu ce roman dans le cadre de ma participation au Prix Elle. Il ne me tentait pas du tout, mais j’ai dû mettre mes préjugés de côté, et faire contre mauvaise fortune bon coeur. Las ! Je me doutais que ce ne serait pas un chef d’oeuvre… mais je ne m’attendais pas à une telle perte de temps !

Je suis sûre qu’il trouvera son public, dans la mesure où les thématiques abordées sont intéressantes (sur le papier du moins). En ce qui me concerne, je n’ai aimé ni l’écriture, ni le ton un brin moralisateur, ni les personnages totalement désincarnés. L’histoire est tirée par les cheveux, et les rebondissements sont artificiels. On peut même dire que l’ensemble manque cruellement de subtilité, tant dans le développement psychologique des protagonistes que dans les mécanismes à l’oeuvre dans le déroulement de l’intrigue. Je n’y ai pas cru un seul instant, et je me suis surtout copieusement ennuyée (ce simple fait suffit à mes yeux à justifier la virulence de cette critique).

Je place Dévorer le ciel dans la catégorie de ces romans racoleurs, qui râtissent large en surfant sur des problématiques à la mode. Le retour à la terre, la PMA, l’écologie… Tout cela est abordé de façon tellement grotesque que le roman en devient presque risible. L’auteur ne nous épargne rien, pas même un très dispensable triangle amoureux. Bien sûr, l’histoire en soi est plutôt originale, portée par des personnages atypiques, mais j’en retiendrai surtout le côté excessivement romanesque, dans le mauvais sens du terme.

Je ne recommande en aucun cas la lecture de ce roman très décevant, plombé par quelques grosses ficelles narratives. Que de pathos dans la dernière partie ! Mieux vaut privilégier des romancières comme Elena Ferrante ou Silvia Avallone, qui font preuve d’infiniment plus de finesse pour disséquer les sentiments amicaux (et donnent un bien meilleur aperçu de ce que peut être la bonne littérature italienne).

P.S. Figurez-vous que Dévorer le ciel a battu le sublime Ordinary People, avec lequel il était en compétition pour la sélection de novembre du Prix Elle. Cela ne me surprend pas outre mesure… mais je n’en pense pas moins !


Miss Léo jura,
mais un peu tard,
qu’on ne l’y prendrait plus.

5 thoughts on “Dévorer le ciel – Paolo Giordano

  1. Roh la la il faut que je me décide à le finir, mais ça va être costaud je pense car je me sens complètement passive dans ma lecture. Va falloir se motiver !

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